L’adoption de l’accord de libre-échange (ALENA) entre le Canada, les USA et le Mexique en 1993 et sa remise en cause récemment, de même que la politique de fermeture des USA par le président actuel des USA ont attiré l’attention sur l’importance des liens qui unissent les trois grands pays du semi-continent américain que les Européens ont ignoré jusqu’à la fin du XVe siècle. Le continent américain existe depuis des temps immémoriaux, mais l’Amérique du Nord des temps modernes, comme celle du sud, est une création récente, un rejeton des Européens qui fait soudain irruption dans leur histoire. En « inventant » l’Amérique, l’Europe s’invente aussi elle-même.

La formation de l’Amérique moderne s’ouvre par l’exploration d’un monde neuf, la découverte, les métissages, l’invention de sociétés nouvelles, puis l’élimination des cultures autochtones. De la rivalité des puissances européennes pour la domination du continent surgissent ensuite des sociétés nouvelles, distinctes de leurs métropoles. Premier continent « colonisé » par des Européens, l’Amérique est aussi le premier qui fait l’expérience de la décolonisation.

L’Amérique, pourtant, ne forme pas un tout. Le terme masque la diversité des occupations et empreintes indigènes, puis espagnoles, portugaise (Brésil), anglaise et hollandaise (Caraïbes) ainsi que française (Caraïbes, Québec). Le cours se veut une introduction synthétique aux modalités de la découverte, de l'exploitation, aux visions de l'"autre", aux sociétés coloniales et à l'esclavage qui en furent issus.