Déjà dans l’Antiquité, l’éthique désigne d’une part l’ensemble des normes, valeurs et règles qui s’appliquent aux hommes individuellement et au sein de la cité (polis), et d’autre part le domaine de la philosophie qui s’occupe de ces normes, mais aussi, par exemple, de l'eudaimonia et de la vertu. L’éthique antique au sens premier du terme est aujourd’hui un objet pour les différentes disciplines des sciences de l’Antiquité. L’éthique antique au second sens est un objet spécifique de l’histoire de la philosophie.

Le cours se concentre sur le deuxième sens de l’éthique et aborde – de manière plus ou moins détaillée – les thèmes suivants de la philosophie antique, en prenant en compte la période allant des débuts de la philosophie grecque au temps hellénistique :

(a) le bonheur (eudaimonia) : En quoi consiste-t-il ? Quel est le rôle pratique des conceptions du bonheur : le bonheur ainsi conçu est-il considéré comme accessible ou comme un idéal abstrait ? S’agit-il d’un idéal réservé à la classe supérieure masculine de la cité ou seuls aux philosophes ? Le bonheur a-t-il réellement une fonction motivationnelle ? Quel est le rôle théorique et motivationnel du plaisir ?

(b) Les normes : Comment le discours sur le bien est-il fondé : métaphysiquement, par référence à des attentes sociales, par référence à des règles de prudence ? Les normes ont-elles un caractère obligatoire ? Dans quelle mesure les normes sont-elles générales, particulières ou relatives ? Comment savons-nous quelque chose sur le bien et que savons-nous à son sujet ?

(c) La vertu (aretê) : En quoi consiste la vertu ? Comment s’acquiert-elle ? Quel est le rapport entre les différentes vertus ? Quel est le rapport entre la vertu et la connaissance ? Quels sont les fondements psychologiques de la vertu ? Qu’est-ce que la justice, par exemple ? Et quel est le rapport entre la vertu et le bonheur ?

(d) L’action : quels sont les facteurs rationnels et non-rationnels qui doivent être présents pour qu’une action ait lieu ? Existe-t-il des actions ayant une fin en soi ? Dans quelles conditions les personnes sont-elles responsables de leurs actes ? Dans quelle mesure sont-ils libres dans leurs aspirations, leurs décisions et leurs actions ? Que signifie agir contre son gré ?

(e) L’amitié (philia) : Quels sont les différents types d'amitié ? Quels sont les objectifs de l’amitié ?

(f) Éthique antique et contemporaine : Quelles sont les principales différences ou similitudes ? Qu’est-ce que l’étude de l’éthique antique nous apporte aujourd’hui, au-delà de l’acquisition de connaissances philosophiques et historiques ?