
Voyager au Moyen Âge n’est ni exceptionnel ni marginal. Qu’il s’agisse de pèlerins, de marchands, de missionnaires, de diplomates ou d’explorateurs, le déplacement constitue une dimension fondamentale des sociétés médiévales, participant à la circulation des hommes, des biens, des savoirs et des représentations.
Ce proséminaire propose d’étudier les formes, les motivations et les enjeux du voyage médiéval, de l’Occident latin au monde byzantin et islamique, en croisant les logiques religieuses, économiques, politiques et culturelles qui sous-tendent ces mobilités. À travers l’analyse de récits de voyage, de sources diplomatiques, marchandes ou hagiographiques, il s’agira d’interroger à la fois les pratiques concrètes du déplacement (itinéraires, conditions matérielles, dangers, réseaux, médiations) et les représentations du monde qu’ils produisent (altérité, frontières, merveilles, domination).
Une attention particulière sera portée à la diversité des profils de voyageurs – figures célèbres comme Liutprand de Crémone, Marco Polo, Ibn Battuta ou Christophe Colomb, mais aussi voyageurs moins connus, marchands, aventuriers, émissaires ou espions – afin de montrer que le voyage constitue un fait social transversal, révélateur des équilibres et des tensions du monde médiéval.
Ce proséminaire vise enfin à familiariser les étudiant·e·s avec une lecture critique des sources, en mettant en évidence les écarts entre expérience vécue, construction du récit et usages politiques ou culturels du voyage.
- Enseignant·e: Antony Roch