
L’intensité constitue un objet d’étude important en linguistique, situé à la croisée de plusieurs domaines. Tout d’abord, d’un point de vue sémantique, on peut s’intéresser à la manière dont les langues expriment et organisent les différents degrés sur une échelle, mais l’étude de l’intensification ne se réduit pas à la question du sens : elle implique également la syntaxe, qui détermine la distribution et les contraintes d’emploi des formes intensives, la sociolinguistique, qui permet d’interroger leur variation selon les locuteurs, ou encore la diachronie, à travers les processus de grammaticalisation et de délexicalisation qui permettent l’émergence de nouveaux intensifieurs. Nous aborderons également le rôle du contact entre les langues dans le renouvellement des procédés d’intensification.
- Enseignant·e: Suzanne Lesage