L’étude des choses et des objets est longtemps passée, pour l’histoire de l’art, à travers celle de la « nature morte » : les « choses mortes et immobiles » d’André Félibien. Or la « peinture de choses » ne se limite pas à cette catégorie. Il y a des choses ailleurs, dans d’autres genres, dans la peinture religieuse, historique, comme bien sûr dans les « scènes de genre » où choses et êtres humains interagissent. Qui plus est, dans le cas des artistes et notamment des peintres, le rapport aux choses ne se réduit pas à leurs seules représentations. Car les choses sont achetées, héritées, possédées, collectionnées, manipulées, portées, utilisées, échangées, parfois simplement présentes autour de soi. Elles sont ainsi investies de sens et de valeurs, mais aussi d’affects, déterminant des relations et des actions, contribuant à l’identité de leurs usagers, formant le cadre d’une vie parmi les choses, d’un goût et plus largement d’un « attachement aux choses » où s’insèrent ces objets particuliers que sont encore les tableaux qui les représentent. C’est cette vie parmi les choses – replacée au cœur des recherches en histoire et histoire de l’art – que ce cours-séminaire va reconsidérer pour la peinture du XVIIe français et notamment à propos de Philippe de Champaigne (1602-1674), figure centrale de la peinture religieuse du XVIIe siècle français et européen.
- Docente: Juliane Dutli
- Docente: Kalinka Janowski
- Docente: Jérémie Koering