
On a peut-être oublié l’importance de l’œuvre d’André Gide dans l’histoire de l’autobiographie au XXe siècle. On retient habituellement de cet auteur qu’il a été le grand romancier de la « mise en abyme ». Pourtant, Gide a longtemps été perçu comme un écrivain qui a multiplié les formes et les genres d’écriture de soi en racontant sa vie intime et intellectuelle dans ses mémoires et son journal publiés de son vivant ; un écrivain qui a fait de la sincérité une exigence éthique et littéraire, au point d’aborder dans ses écrits personnels des sujets jugés inavouables. Mais comment comprendre, aujourd’hui, la singularité de ce projet autobiographique ? À l’aune de quels modèles ou contre-modèles se déploie-t-il ? Comment a-t-il été envisagé par les nombreux lecteurs de Gide ? Pour qui est-il encore lisible à notre époque ? C’est ce que nous examinerons à partir de trois œuvres majeures – Si le grain ne meurt, le Journal et Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits – et des réflexions critiques qui leur ont été consacrées.
- Enseignant·e: Jacob Lachat