
S’inspirant du catalogue Trésors sauvés de Gaza : 5000 ans d’histoire et de la collection du Musée d’Arts et d’Histoire de Genève (MAH) de biens archéologiques de Gaza, le cours revisite les temps courts et longs d’une histoire sociale et économique de Gaza documentée depuis l’Antiquité égyptienne et biblique. En paraphrasant Fernand Braudel, le cours propose trois unités de ce cours MA, les temps: géographique, social, et individuel. La première unité traite de l’histoire de la Via Maris, ce corridor d’échanges et de conflits à la croisée de l’Égypte, Mésopotamie et de la route de l’encens (vers le sud Arabique). La seconde partie du cours traite des institutions créés durant les périodes byzantine, arabe, mamelouke et ottomane (p. ex. le port de Gaza, fondations de lieux de passage (monastères, khan, ou caravansérail dans la région de Khan Younis) ayant favorisé l’éclosion du commerce, et des destins collectifs des juifs d’Orient qui petit à petit entre en contact avec les idées sionistes. La troisième partie traite de la partie contemporaine, plus évènementielle, depuis l’Occupation britannique en 1917, et des décisions prises par divers gouvernements israéliens d’occuper ce qui devient en 1948 la Bande de Gaza (occupations de 1956, 1967, et le blocus presque total depuis 2007). Pour la partie plus contemporaine (“évènementielle”, en termes braudéliens), le cours analyse comment la société gazaouie s’adapte ou résiste aux diverses techniques de domination déployées par Israël, tout en faisant référence aux passés et durées longues (les temps structurels et conjoncturels décrits en début de cours). Par le biais d’extraits de films, de documentaires, de BD, ou de short stories, ce cours conclut avec des clefs d’analyse pour comprendre les enjeux tragiques qui caractérisent ce morceau de terre si souvent détruit mais toujours reconstruit.
- Enseignant·e: Benoît Challand