Au Moyen Âge, un beau manuscrit enluminé pouvait également constituer un outil politique au service d’un ambitieux programme de revendications territoriales. C’est le cas du manuscrit Royal 20.D.I de la British Library de Londres, réalisé à la cour napolitaine de Robert d’Anjou au cours du deuxième quart du XIVe siècle.

Il s’agit d’un exemplaire d’une rédaction particulière de l’Histoire ancienne jusqu’à César, un important recueil historiographique qui a connu une diffusion considérable entre le XIIIe et le XVe siècle. L’une des caractéristiques distinctives de cette rédaction est l’utilisation, pour la section troyenne, d’une nouvelle version en prose du Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure, composée spécialement pour ce manuscrit.

À travers l’analyse de ce texte, nous entreprendrons un voyage entre histoire, histoire de l’art et littérature, à la découverte du scriptorium royal de Naples.