Digne des meilleures tragédies pour Aristote, considéré comme une abomination par d’Aubignac, le mythe d’Atrée et Thyeste est représenté à la Comédie-Française devant près d’un millier de spectateur-trice-s le 14 mars 1707. Bien que la pièce choque certain-e-s par son atrocité, elle permet à son auteur, Prosper Jolyot de Crébillon, de s’imposer comme le dramaturge de l’horreur. En 1772, c’est au tour de Voltaire de s’emparer de cette fable avec la publication des Pélopides. Malgré la campagne menée par l’auteur pour vanter la supériorité de son adaptation qui vaut « cent mille fois mieux que le Visigoth Atrée du barbare Crébillon », les Pélopides sont reçues avec froideur et hostilité. Dans ce séminaire, nous partirons de la célèbre Iphigénie de Racine, où l’Atride Agamemnon s’apprête à sacrifier sa fille, et nous verrons ensuite comment, au xviiie siècle, le mythe sanglant d’Atrée et de Thyeste a été adapté pour répondre au goût du public.
- Enseignant·e: Agathe Herold