Ce cours, qui est fondé en grande partie sur des recherches de terrain de longue durée menées dans des écoles examine la vie scolaire quotidienne, « à l’ère de l’inclusion »* ; il s’intéresse aux processus par lesquels les acteurs sociaux donnent du sens aux relations instaurées entre élèves, enseignant.e.s, parents et autres acteurs scolaires ; il analyse par ailleurs les pratiques des enseignant.e.s et des enfants, en adoptant un point de vue critique permettant de renouveler notre regard sur l’école.
La démarche anthropologique permet de découvrir d’autres facettes des politiques, des discours et des pratiques inclusives et d’expliciter des enjeux sociaux, politiques et pédagogiques. Dans une perspective comparative, nous mobilisons des recherches qui renvoient non seulement à l’Europe, mais aussi à l’Afrique, à l’Amérique et à l’Asie. Par le biais de cette approche comparative, comprenant des études sur des contextes lointains et proches, nous chercherons à nous interroger sur notre système scolaire. Ainsi à un autre niveau sont prises en compte des études menées dans des cantons suisses : FR, VD, VS, BE, GE, ZH, TI etc.
Comme l’annonce le titre, nous examinons les normes (associées à l’inclusion dans les textes officiels) qui traversent l’institution et qui sont, parfois, diffusées par elle (par exemple le « vivre ensemble », l’acceptation du handicap, la différenciation pédagogique, le projet pédagogique individualisé, l’autonomie, la collaboration entre les enseignant.e.s ordinaires et les autres acteurs scolaires, ainsi qu’avec les parents etc.). Nous étudions aussi comment se construisent et se perpétuent les rapports de pouvoir, en examinant la manière dont s’articulent les relations quotidiennes, les politiques éducatives étatiques et les injonctions des organisations internationales. Dans ce contexte, nous mettons en évidence comment l’institution scolaire participe aussi à maintenir, à réinterpréter, et parfois à contester des catégories (par exemple institutionnelles - élève à besoins éducatifs particuliers,…-, médico-psychologiques : TDAH, Dys, HP,… ou autres) pour penser les acteurs scolaires et le monde. Enfin, malgré l’adoption de politiques inclusives, il convient d’interroger la persistance de mécanismes d’exclusion, - tels que le validisme, le racisme, la xénophobie ou les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre - ainsi que la reproduction des inégalités sociales au sein du système scolaire.
* « L’ère de l’inclusion » se caractérise d’une part par la circulation transnationale de la notion d’inclusion entre les organisations internationales, les politiques éducatives étatiques, le champ des recherches en éducation et les acteurs locaux et d’autre part par sa visibilité dans les débats sociaux et par sa mobilisation dans le champ politique.
- Dozent/in: Denis Yvan Aristide Gay